Vigneronne de Laure Gasparotto : un récit que Chais Elles recommande avec bonheur

Chais Elles a dévoré avec une grande émotion et un immense intérêt le dernier livre de Laure Gasparotto, journaliste au Monde et spécialiste du vin depuis plus de vingt ans .

Vigneronne est le récit d'un rêve: celui de changer de vie, de devenir vigneronne et de faire son propre vin plutôt que de goûter, analyser, décrire celui des autres ...

Ce rêve, Laure le réalisa en achetant un vignoble Les Gentillières au coeur des terrasses du Larzac mais après son 4e millésime elle décida de renoncer à ce projet de vie : trop de rudesse, trop de soucis financiers, trop de démarches administratives, trop de difficultés à assumer deux vies : entre ses enfants à Paris et ses vignes dans le Sud et surtout trop de difficultés à vendre ses vins :

''J'ai adoré faire du vin , mais le commercialiser était au -delà de mes forces ''

''Aujourd'hui, revenue entièrement à ma vie de journaliste spécialisée dans le vin, j'admire plus encore les vignerons qui répètent des centaines de fois le même discours pour vendre une bouteille .''

C'est un ouvrage empli de sincérité, d'authenticité, d'émotions et de justesse dans lequel Laure se confie et parle de ses doutes, de sa fatigue, de ses craintes, de ses hauts de ses bas !

Elle évoque aussi des femmes vigneronnes de renom Dominique Hauvette et Marie Thérèse Chappaz, elle rend un bel hommage à Jean Pierre Coffe qui a tant compté pour elle et surtout elle parle du vin avec bonheur et précision :

''Créer un vin c'est d'abord raconter une histoire . Un vigneron qui n'a rien à dire crée des vins qui ne disent rien. ''

''La production de vin  coûte une fortune, que ce soit dans le Languedoc ou ailleurs. Les frais, les taxes, les charges sont les mêmes quelle que soit l'appellation. Faire du vin, qui n'est pas un aliment nécessaire, se révèle vraiment une activité de luxe, même si on s'en tient comme moi , aux dépenses minimales. Je ne sais pas si un jour je pourrai me verser un salaire .''

Cette tranche de vie elle la résume ainsi :

''Quand j'ai vendu le domaine, beaucoup ont pensé que je me trouvais en échec, alors qu'il s'agissait d'une victoire : j'avais su traverser ce rêve et en revenir,  sans m'y perdre .''

''En m'affranchissant de mes vignes, j'avais appris une grande leçon de philosophie. Je m'étais libérée du pouvoir diabolique du vin et de la vigne.''

Voilà c'est un livre que je recommande à tous les amoureux du Vin tant il m'a émue et fait grand bien .

Bravo  à Laure Gasparotto pour ce témoignage si émouvant et son courage aussi !

Vigneronne Laure Gasparotto aux Editions Grasset février 2021